Pourquoi le mma a t-il pris autant de temps à être légalisé en France?

Il était temps! Le MMA français a vécu une petite révolution dans son histoire le 21 janvier, le Ministère de la Jeunesse et des Sports a annoncé la légalisation des arts martiaux mixtes en plaçant son encadrement sous l’égide de la Fédération Française de Boxe, la France était le seul pays européen à interdire sur son sol les manifestions sportives de MMA, ce ne sera donc plus le cas demain!

Le principal ennemi de la légalisation du MMA français c’est le JUDO!

En France le judo est un des sports avec le plus de licenciés, la fédération française de judo (FFJDA) est historiquement très proche du ministère de la jeunesse et du sport, son influence est donc très forte car le judo est considéré comme  l’art martial le plus éducatif pour les jeune enfants quel qu’il soit. Beaucoup de parents inscrivent leurs enfants dans des clubs afin qu’ils puissent développer une bonne  motricité et apprendre les règles de la vie collective en toute sécurité.

Utilisant son aura de discipline sportive « respectable » le lobby judoka n’a pas cessé de se dresser contre le succès grandissant que représente le MMA. En effet pour les représentants du judo les valeurs prônés par le fondateur Jigoro Kano sont incompatibles avec la  prétendue barbarie que représente les arts martiaux mixtes. La FFJDA a d’ailleurs retirer sa candidature par rapport au projet du ministère de la jeunesse et du sport pour la légalisation du MMA. Devant le succès grandissant de l’UFC, Bellator et consort et de l’intérêt des jeunes pour ce sport, l’influence de la Fédération de judo auprès du ministère pour empêcher la légalisation a fini par céder, ce n’était finalement qu’une question de temps…

Historiquement ce n’est pas la première fois qu’une pratique sportive fait l’objet d’une critique morale : la boxe anglaise n’était pas considérée comme une discipline appropriée jusqu’au début du XXème siècle, le muay thaï dans les années 1980 et 1990 entrait en concurrence directe avec le karaté et la boxe française.

Une guerre économique

Sous couvert de penser a l’intégrité et à la dignité des combattants on se rend compte que la derrière la lutte menée par la FFJDA se cache une guerre économique: Il faut savoir que les subventions accordées par le ministère des Sports aux fédérations agréées sont conditionnées par l’atteinte d’objectifs quantitatifs, en d’autres termes les clubs sont plutôt amenés à augmenter leurs  nombres de licenciés, si l’effectif baisse l’État n’ouvre pas son porte monnaie.

Pour éviter la fuite des licenciés vers d’autres contrées sportives la FFJDA a  menacé de radiation les clubs adhérents qui auraient l’outrecuidance de proposer des cours de mixed martial arts à moins que ceux-ci soient renommés en Mixed Jujitsu Arts. Oui ! Vous ne rêvez pas la fédération a bel et bien crée une discipline fantoche pour contrecarrer le MMA.

La solution pour contourner ce problème a été trouvé dans un club de Poitou Charentes le Judo-Club de Thouars. Étant menacé de radiation par la FFJDA parce qu’il proposait des cours d’arts martiaux mixtes, le club a modifié ses statuts en créant une section multisport distincte du judo, avec cette modification le club échappait donc à une sanction. Beaucoup d’autres clubs ont suivit l’exemple de ce club afin de ne pas fermer les portes de leurs associations devant la fuite des pratiquants judokas.

La guerre contre le Mma ne s’est pas uniquement illustrée au niveau hexagonale, en 2015 suite à la signature d’un partenariat entre la Fédération Britannique et l’Ultimate Fighting Championship l’Union européenne de judo (UEJ) avait décidé du retrait des championnats d’Europe  à Glasgow. A cette époque Ronda Rousey ancienne judokate olympique dominait la catégorie féminine de l’UFC, elle était une des athlètes les plus populaires de l’entreprise, du coté des hommes Satoshi Ishii ancien judoka également olympique évoluait dans le circuit des arts martiaux Mixtes japonais, ces reconversions professionnelles n’étaient pas forcement vu d’un bon œil auprès des instances judo.

1an avant le retrait des championnat d’Europe en Grande bretagne l’IJF (International Judo Federation) envoyait  à tous les clubs reconnus dans le monde par la fédération internationale d’interdire aux judokas classés au niveau national de s’engager dans une autre discipline.

En France Jean Luc Rougé a été le principal détracteur par rapport à la légalisation des arts martiaux mixtes, étant donné son palmarès sportif dans le judo entre les années 60 et 80 ainsi que sa position de secrétaire général de la Fédération internationale de judo il a souvent été invité sur les plateaux télévisions pour son discours anti MMA. Il aurait sorti en 2015 lors d’un entretien à l’AFP que: « Le MMA est un refuge pour djihadistes ! C’est la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui me l’a dit ! »

Traitement médiatique douteux

Les propos de Jean Luc Rougé ont souvent été excessifs et en décalage avec la réalité, cependant le summum du ridicule a été atteint par un reportage réalisé par la journaliste Camille Courcy diffusé par la chaine M6 en 2014 via l’émission Zone interdite. Le reportage s’intitulait  le Free Fight « La folie des combattants clandestins ». En lisant le titre on comprend sous quel ton l’émission de Bernard de la Villardiere va traiter le sujet du MMA, le reportage contrevenait à la déontologie journalistique en versant dans le sensationnel et la « fake news » afin de donner des frissons aux téléspectateurs et faire monter l’audimat. Le discrédit suprême de l’émission arrive au moment ou un combat clandestin est littéralement mis en scène entre le « sosie » du rappeur Booba (Brahim Tavarez) et un inconnu jouant la comédie. L’organisateur de ce combat est Morsay, un individu qui n’a strictement rien à voir  avec le monde des arts martiaux et qui est davantage connue sur la toile pour des pitreries et des titres de rap provocateurs. La production avait d’ailleurs auparavant fait appel à ce personnage pour d’autres reportages diffusées sur la même chaine….